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Découverte d'Auxerre

Informations générales

Détail de l'annonce

Auxerre est une commune française située au nord-ouest de la région Bourgogne-Franche-Comté, dans le département de l'Yonne dont elle est le chef-lieu. Également chef-lieu de canton et siège de la communauté d'agglomération de l'Auxerrois, elle comptait 34 843 habitants au dernier recensement en 2014 (population légale en vigueur au 1er janvier 2015), ce qui en fait la première commune icaunaise et la sixième commune de Bourgogne-Franche-Comté en nombre d'habitants. Son aire urbaine totalise plus de 92 000 habitants la même année. L'unité urbaine d'Auxerre est la 146e unité urbaine la plus peuplée de France avec 42 432 habitants.

Auxerre est une capitale culturelle et touristique, au cœur de la Bourgogne, dans la vallée de l'Yonne. La ville offre aux touristes un patrimoine historique médiéval et de la Renaissance. Reconnue ville d'art et d'histoire depuis 1995, Auxerre possède 35 monuments historiques inscrits ou classés, et trois musées labellisés Musées de France.

En matière économique, Auxerre constitue le principal bassin d'emploi du département. Bénéficiant du tourisme pour son patrimoine, elle est aussi réputée pour le vignoble auxerrois, les vignobles AOC de Chablis étant également à quelques kilomètres de la ville. Elle est aussi connue pour son club de football, l'Association de la jeunesse auxerroise (AJA), et son ex-entraîneur Guy Roux.

Ses habitants sont appelés les Auxerrois.

En savoir un peu plus ...

Origines
Il reste quelques traces de l'occupation de la Protohistoire. Du Bronze final ont été trouvés un enclos circulaire de 20 m de diamètre marqué par un fossé en V dans la rue des Montardoins et des vestiges d'un bâtiment important avec fossé circulaire dans la rue Gérot qui a aussi révélé des structures de bâtiments de la Tène.

Datant de l'époque d'Hallstatt, la découverte d'un trépied en bronze d'origine étrusque permet de supposer que la route de l’étain passait par le territoire près du lieu où s'élève aujourd’hui la ville.

Antiquité
Statue équestre du ier siècle.

Site de fouilles dans l'ancienne crypte de l'abbaye de Saint-Germain.
Naissance et développement de la ville gallo-romaine
Auxerre, sous forme de simple bourgade, prit naissance au point d’élargissement définitif de la vallée de l’Yonne. L’endroit était favorable : proximité de trois fontaines et facilités pour franchir la rivière. La majeure partie de la bourgade s’étala rive gauche, dans la partie sud-ouest de la ville actuelle (quartiers Saint-Pierre, Saint-Pèlerin et du pont aujourd’hui).

Après la conquête de la Gaule, la ville romaine s’agrégea à la ville gauloise ou, ce qui n’est pas établi, s’y juxtaposa à l’ouest, jusqu’au mont Autric (place de l’Arquebuse).

Auxerre est relativement pauvre en vestiges de l’époque romaine. Il reste peu de vestiges apparents de la cité gallo-romaine qui posséda un temple de Phoebus, un amphithéâtre, des monuments publics et des statues. Par contre les traces discrètes sont bien présentes et nombreuses. Il est possible de citer par exemple les fouilles de l'abbé Merlange de 1968 à 1971 préalables à la démolition de la « maison Saint-Martin » en vue de son remplacement par un ensemble résidentiel au début de la rue de l'Ocrerie, révélant des céramiques du ier siècle dans les murs de l'église du Haut Moyen Âge, les céramiques résiduelles à l'hôpital de la Madeleine boulevard Davout (ier au iiie siècle)27 et à l'église Saint-Pierre-en-Château place de l'Abbé-Deschamps (ive au ve siècle)28, les remblais gallo-romains boulevard Davout, les habitats antiques rue des Sénons et rue Louis-Richard, ceux de la rue du Viaduc (ier au iiie siècle), le site notablement riche de la rue Gérot et du boulevard Vaulabelle avec une grande diversité d'habitats du ier au iiie siècle dont certains luxueux, des puits, silos, colonnades, portiques, jardins, cours et voie de passage, ou encore les habitations au lieudit Sainte-Nitasse près de l'ancienne nationale 6 (iiie au ive siècle).

La présence des légions romaines assure la paix. Pendant les deux premiers siècles de l’ère chrétienne, les échanges commerciaux sont actifs grâce à la présence de sa rivière et de ses routes, Auxerre exporte ses vins et ses grains. La ville accède à la prospérité et le peuplement de la région s’accentue.

Les voies de communication se font également plus nombreuses. La grande voie romaine d’Agrippa de l'Océan (Lyon - Boulogne-sur-Mer) traverse Auxerre.

À partir du iiie siècle et pour les deux siècles suivants, la présence de bagaudes et l'invasion des Francs met fin à la prospérité de la ville. Auxerre se dote d'un rempart et un castrum de forme rectangulaire est alors construit en réutilisant les pierres des monuments publics et funéaires de l'époque romaine.

La christianisation de la ville au Bas-Empire
Vers 258, le pape envoie Pèlerin, citoyen romain de noble famille, évangéliser l’Auxerrois.

Avant de subir le martyre à Entrains (Nièvre), en 303, Pèlerin avait élevé à Auxerre une église primitive (église Saint-Pèlerin), là où existe l’église reconstruite au xvie siècle qui lui est dédiée, dans la rue qui porte son nom.

Selon la tradition, il faut voir dans le puits de Saint-Jovinien, qui existe dans le sous-sol de l’édifice, le baptistère des premiers chrétiens d’Auxerre.

Sous Dioclétien (284-305), Auxerre, détachée de la civitas de Sens, fut érigée en chef-lieu de civitas, circonscription administrative soumise à l’autorité administrative d’un comte. Cependant il est incertain qu’Auxerre ait été érigée en diocèse avant l’édit de Milan (313), instituant la liberté des cultes. Le premier évêque d'origine locale est saint Amatre (év. 386-418).

La présence chrétienne à Auxerre est donc relativement précoce.

Déclin de la ville au Bas-Empire[modifier | modifier le code]
À la fin du ive siècle, Auxerre se relève à peine de l’incendie et du pillage que les Alamans et les Francs lui avaient fait subir en 275-276, que de fortes menaces se précisent aux frontières de l’Empire où s’agitent des peuplades barbares attentives à la décadence romaine.

Conscients de la menace d’un plus grand danger, les habitants s’emploient alors à édifier des fortifications derrière lesquelles ils seraient alors à l’abri des incursions.

Ils choisissent pour emplacement de défense l’élévation de terrain que domine aujourd’hui la cathédrale, surplombant l’Yonne, défense naturelle (4 ha ; celles de Paris ne faisaient que 9 ha). Les limites sont la rue des Boucheries et la rue Lebeuf.

Dans cet enclos s’élevait la résidence des comtes, protégée par cinq tours. La base de la tour Saint-Alban et le soubassement de celle de l’Horloge sont les seuls restes que l’on puisse apercevoir de cette enceinte restée visible jusqu’au xviie siècle.

La solidité des murailles assura l’intégrité de la ville pendant les grandes invasions germaniques de 407. Elle semble ne pas avoir échappé au saccage des Huns en 451, dont les dévastations la privent d’évêque pendant dix ans. Les territoires passent alors sous le commandement militaire des comtes, les évêques partageant leur activité entre les préoccupations guerrières et l’organisation de leur diocèse.

Moyen Âge
Haut-Moyen Âge : période mérovingienne
Les ive et ve siècles sont marqués par les évêques saint Amatre et surtout par saint Germain, qui fait à l’église d’Auxerre d’importantes libéralités. Le nom de Germain ne cesse donc de grandir après sa mort. La légende vient entourer son nom de merveilleux. Clothilde (l’épouse de Clovis) substitue à l’oratoire où Germain avait choisi de reposer, une basilique qu’elle lui dédie. Ces pieuses dispositions sont à l’origine de l’abbaye de Saint-Germain, centre intellectuel éminent de l’époque carolingienne au ixe siècle où l’enseignement bénédictin qu’y dispensent les clercs atteint une grande réputation dans toute l’Europe.

Pendant les trois siècles troublés qui suivent, l’église d’Auxerre, à la main de ses évêques, fait du monachisme la base de sa floraison spirituelle et artistique dont le Moyen Âge consacrera l’épanouissement.

Les rivalités guerrières, l’insécurité généralisée, l’esprit de corruption, la faiblesse mérovingienne ouvrent au vie siècle une ère de dérèglements et d’anarchie où sombrent les idées d’humanisme et de religion. Charles Martel s’empare des richesses de l’église et confisque l’Auxerrois ; ce n’est qu’au ixe siècle que l’évêque d’Auxerre recouvrera la souveraineté qu’il a perdue sur les établissements religieux de la ville.

Mais entre-temps l’épiscopat auxerrois n’a pas négligé sa mission. Dès le vie siècle, Auxerre possédait neuf églises et monastères en sus des oratoires : Saint-Étienne, Saint-Germain et Saint-Pierre dont les églises, reconstruites, sont parvenues jusqu’à nous ; Saint-Amâtre, Saint-Martin dont il subsiste quelques vestiges de la reconstruction ; Saint-Marien, Saint-Valérien, Saint-Julien, Notre-Dame-de-la-Cité, disparues ; oratoire Saint-Symphorien sur le Mont-Artre.

Le viie siècle voit s’élever, hors de l’enceinte, de nouveaux monastères. Vers 634, l’évêque Pallade transfère le monastère de Saint-Julien qui plus tard s’enorgueillira de trois basiliques juxtaposées et de deux oratoires. Il fonde aussi le monastère Saint-Eusèbe, qu’il peuple de religieux. Vigile, son successeur, fait édifier l’abbaye disparue de Notre-Dame-la-d'Hors (hors les murs) qu’il destine à sa sépulture.

Haut-Moyen Âge : période carolingienne
Il appartient à l’évêque Humbaud, au ixe siècle, de parachever l’œuvre de ses prédécesseurs en fondant les monastères de Saint-Marien, de Saint-Père, de Saint-Gervais et des Îles.

L’étendue de la ville monastique coïncide, alors, avec celle de la ville actuelle telle que la délimite sa ceinture de boulevards intérieurs. Une première urbanisation se dessine, les communautés religieuses attirant peu à peu une population de marchands, d’artisans, d’habitants. Faisant leur apparition à l’époque carolingienne, les paroisses, à leur tour, viennent se superposer aux domaines monastiques.

Au ixe siècle, Auxerre est le siège d'une école monastique autour de l'abbaye Saint-Germain, qu'illustrent des érudits comme Murethach, Haymon d'Auxerre, Heiric d'Auxerre et Remi d'Auxerre. Son rayonnement intellectuel touche tout l'Occident chrétien.

Les invasions normandes ont épuisé le pays. Abbés et prélats ont ceint l’épée. En 912, saint Géran, évêque d’Auxerre, défait les Normands à Saint-Florentin.

Moyen Âge classique : féodalité et mouvement communal

Place Saint-Nicolas.

Saint-Nicolas patron des flotteurs.
L’Auxerrois et le Sénonais sont réunis à la Bourgogne de Boson et de Richard le Justicier. En 1015, le concile d'Héry attribue la Bourgogne au roi Robert II et soumet l’Auxerrois à la double souveraineté du comte-évêque Hugues de Chalon et du comte Otte-Guillaume, divisant le comté en trois baronnies.

Outre la famine qui règne vers l’an 1030, Auxerre subit deux grands incendies. Seule l’église de Saint-Alban martyr, que saint Germain avait bâtie dans le haut de la cité, échappe au premier incendie : la cathédrale est réduite en cendres. L’évêque Hugues de Châlon, au lieu de la rebâtir de moellons, comme auparavant, en jette les fondements sur le roc avec des pierres de taille ; il demande une enceinte d’une plus grande étendue, et il y fait faire les grottes ou cryptes telles qu’on les voit encore aujourd’hui sous le sanctuaire et sous la moitié du chœur. L’ouvrage était déjà bien avancé lorsque arriva un second incendie ; mais l’église fut indemne, et le feu ne toucha que quelques maisons.

1039 voit renaître les guerres de Bourgogne. L’évêque devient indépendant du comte Renaud sur arbitrage de saint Bernard, et suzerain d’une partie de la ville.

Les différends qu’il soutient, notamment en 1166 contre le comte de Chalon, incitent le comte Guillaume IV à protéger les faubourgs de la ville. Dans la 5e année de son gouvernement, soit vers 1166, une deuxième enceinte fortifiée est hâtivement construite (sur 4 km), appuyée à la rive gauche de l’Yonne, comme la première, mais englobant largement abbayes et monastères. Les boulevards, aujourd’hui séparant les villes ancienne et moderne, en figurent exactement le tracé.

Le fait que la ville ait pu se satisfaire de ses limites médiévales pendant près de six siècles est caractéristique de l’absence de vigueur de l’économie rurale confinée qui était celle de la région.

En 1183, l’évêque de la ville, Hugues de Noyers, prend la tête de la répression armée du mouvement égalitaire des Capuchonnés.

En 2005 et 2006, des campagnes de fouilles effectuées dans le quartier des Brichères ont permis de délimiter plus précisément l’occupation médiévale du xiie siècle.

Il revient à Pierre de Courtenay, le plus illustre des comtes d’Auxerre, cousin germain de Philippe Auguste, d’achever la deuxième enceinte de la ville. À peine élu au trône de Constantinople, il meurt en 1218.

Sa fille, Mathilde, attache son nom à l’octroi des franchises communales. L’une des filles de Mathilde, par mariage, fait passer le comté d'Auxerre de la famille des Courtenay à celle des Chalon.

Bas Moyen Âge : Rattachement d'Auxerre au royaume de France
Le centre d'Auxerre conserve de nombreuses maisons remontant au Moyen Âge (place de l'Hôtel-de-Ville).

La tour de l'Horloge, bâtie à la fin du Moyen Âge.
Lors de la guerre de Cent Ans, en janvier 1358, Anglais et routiers attaquent Auxerre et s’emparent de la ville par surprise le 10 mars 1358, la mettant en pillage et rasant les remparts de la ville. En 1348 et 1361, la peste noire ajoute ses ravages aux excès de brigandage.

Le vieux comte Jean IV de Chalon vend le comté au roi Charles V, par acte du 25 janvier 1370, moyennant 30 000 francs d’or. Par cette première réunion à la couronne, les Auxerrois deviennent bourgeois du roi. Mais la guerre des Armagnacs et des Bouguignons survenant, Auxerre prend le parti du duc de Bourgogne, Jean sans Peur. Une paix, plus ostentatoire que sincère, est signée à Auxerre le 22 juillet 1412. C’est Louis XI qui obtient la cession du comté d’Auxerre, cession régularisée en 1490. Entre-temps, les Auxerrois font leur soumission au roi, et Charles le Téméraire périt à Nancy en 1477. Le rattachement du comté d'Auxerre à la France est devenu cette fois définitif. Louis XI confirme également en janvier 1477 les privilèges de la ville et ordonne la création d'un bailliage.

Époque moderne
La Renaissance : embellissement d'Auxerre
La guerre passe les Alpes. Avec éblouissement, les nobles découvrent l’Italie d’où ils rapportent une conception nouvelle de la vie et, choc décisif, une idée de l’art.

Villes et campagnes pansent alors leurs plaies. On relève partout les églises. Auxerre, pour son alimentation, dérive les abondantes eaux de Vallan (1495). On y achève la cathédrale.

L’imprimerie est florissante (surtout à Joigny) et l’évêque Jean III Baillet fait exécuter les tapisseries fameuses de l’invention des reliques de saint Étienne dont il orne la cathédrale.

Mais c’est sûrement le portail de l’évêché qui est considéré comme le plus intéressant des monuments auxerrois de la Renaissance. Il est l’œuvre de François II de Dinteville que des missions en Italie avaient familiarisé avec l’art nouveau. Il faut aussi ajouter la reconstruction de l’église Saint-Pierre et de la porte de la même abbaye, ouvrant sur la rue Joubert avec sa belle arcade Renaissance.

N’oublions pas le style des hôtels privés auxerrois du xvie siècle qui est celui de la seconde période de la Renaissance : l’hôtel de Crole, l’hôtel Amyot ou encore l’hôtel du Cerf-Volant, qui passe pour être le plus ancien édifice civil d’Auxerre (xive – xve siècles).

L'essor urbain du xvie siècle
La fin des guerres de France-Bourgogne a apporté à l’Auxerrois une ère de sécurité et de prospérité au cours de laquelle le chef-lieu va se façonner au monde moderne. L’affranchissement fait de rapide progrès dans les campagnes, le commerce est actif. Auxerre s’enrichit de l’exportation de ses vins. L’aisance grandit parmi les vignerons, les voituriers par eau, et les propriétaires.

Dès le début du siècle, le développement de la construction entraine le recul des clos monastiques au profit des lotissements. Les règlements de voirie font leur apparition. Le réseau des voies urbaines prend peu à peu la physionomie qu’il conservera jusqu’à l’époque contemporaine.

Dotée d’un maire par Charles IX, la municipalité se consacre aux tâches d’édilité, construit ou reconstruit les bâtiments publics (hôtel de ville, pont, horloge, palais de Justice, hôpital de la Maladière…).

Auxerre, ville ligueuse
La seconde moitié du xvie siècle ramène les troubles. Les idées issues de la Réforme ont pénétré dans l’Auxerrois par l’Yonne et la Loire.

L’édit de 1562 interdit le culte protestant dans les villes. Les protestants auxerrois se retrouvent alors à Cravant (20 km). Aidés par le gouverneur, ils s’emparent de la ville le 27 septembre 1567. Ils s’y livrent incontinent au pillage et à la dévastation des églises.

Les catholiques récupèrent la ville l’année suivante et massacrent environ 150 réformés. Mais les querelles des princes viennent s’ajouter aux passions locales. La majorité des habitants d’Auxerre se déclare pour la Ligue contre le roi. Il faudra l’abjuration d’Henri IV et surtout la présence des troupes royales aux portes d’Auxerre pour que la ville, le 19 avril 1594, fasse sa soumission à Henri IV.

Auxerre sous l'Ancien Régime, de la Fronde à Port-Royal
Les abus de la fiscalité, les intempéries, la peste et la réapparition de la lèpre, avaient éprouvé les Auxerrois depuis le début du siècle. D’inspiration médiocre, la municipalité s’épuisait en procès multipliés.

Les troubles armés réapparaissent avec la Fronde. Auxerre tient pour le roi et résiste à l’assaut de Condé. Mais le va-et-vient des troupes des deux partis, le brigandage, laissent le pays ravagé. Économiquement, le xviiie siècle sera décevant. Lors de la famine de 1709, on dénombre à Auxerre 3 000 pauvres. Aussi la fin du siècle accusera-t-elle un sérieux recul démographique.

Cependant vers 1750, le pouvoir se préoccupe de l’extension et de la restauration des voies de communication dont l’état est lamentable. L’éclairage public fait une timide apparition en 1788 avec deux lanternes. Aussi l’aménagement des anciennes fortifications en promenades publiques débute en 1732.

La grande querelle des théologiens sur la prédestination et la grâce, après avoir opposé les catholiques aux protestants, vient à diviser les catholiques eux-mêmes. Fidèle aux idées de Port-Royal, Mgr de Caylus, évêque d’Auxerre, entraîne avec lui la majorité de son clergé.

Le diocèse d’Auxerre, « refuge des pécheurs », accueille les prêtres persécutés, s’attire les foudres du gouvernement pour son action clandestine. Les séquelles du jansénisme marqueront durablement l’Auxerrois. L’ostracisme contre les prêtres jansénistes, la défiance des populations contre leurs successeurs, la pénurie de prêtres après la Révolution, favoriseront, jusqu’à la Restauration, le développement d’un « culte laïcal » déchristianisateur et d’un anticléricalisme qui ne faiblira qu’au xxe siècle.

Époque contemporaine
Révolution française
La convocation des États généraux, l’élection des députés du Tiers (23 mars 1789), se font, à Auxerre, dans l’enthousiasme. En 1790, le découpage administratif du pays entraîne la laborieuse création du département de l’Yonne. Peu après, le diocèse d’Auxerre est supprimé.

L’histoire révolutionnaire auxerroise sut éviter d’être sanglante excepté le meurtre accidentel de deux gardes nationaux en 1792. Les passions, sans doute, ne donnèrent le cours qu’elles eurent ailleurs : incarcérations, persécution du clergé, fermeture, démolition des églises (Saint-Loup, N.D.-la-d’Hors, Saint-Regnobert…), leur affectation au culte révolutionnaire, aux clubs, à des services publics. Sur l’air de Jean de Nivelle, les Auxerrois ont popularisé la figure pittoresque et agitée de Guillaume Roussel (le fameux Cadet Roussel), Auxerrois d’adoption, que ses attitudes dans les manifestations et cortèges révolutionnaires avaient rendu célèbre.

xixe siècle

Auxerre en 1854
L’invasion de 1814 amène les Autrichiens à Auxerre, reprise par les troupes françaises, occupée à nouveau après les adieux de Fontainebleau. Retour de l’île d'Elbe, Napoléon arrive à Auxerre le 17 mars 1815, loge deux jours à la préfecture auprès du préfet Gamot, beau-frère du maréchal Ney. L'empereur et le maréchal se rencontrent le 18 mars. L'Empereur passe en revue les troupes de Ney venues se joindre à lui.

Enfant d’Auxerrois, né à Annoux, écolier du collège d’Auxerre, volontaire de 1792, Davout fut l’un des meilleurs lieutenants de Napoléon (statue Davout érigée sur les promenades). La ville a montré de nombreuses sympathies bonapartistes pendant plusieurs décennies. La célébrité du capitaine Jean-Roch Coignet y a sans doute été pour beaucoup. Natif de l’Yonne, Coignet fut aussi un véritable héros des guerres de l’Empire (il meurt en 1860).

L’histoire d’Auxerre se poursuit, au xixe siècle, à l’unisson de l’histoire nationale.

En 1838, la ville est l’une des deux seules villes de garnison du département avec Joigny. Elle héberge la 15e Compagnie de fusiliers vétérans.

En 1848, la ville se tient au bord des manifestations séditieuses. L’opinion républicaine libérale et socialiste a de vigoureuses racines dans la région. La répression politique de 1852 y sera sévère.

Entre temps, la ville a fait toilette. On pousse au pavage des rues et l’aménagement des promenades s’achève. En 1866, Napoléon III est accueilli en visiteur à l’occasion d’un concours agricole régional. À la charnière des siècles, les promenades publiques vont se garnir de vastes demeures agrémentées de parcs et de jardins.

xxe siècle

Nouvelle gare d'Auxerre.
Les guerres apportent à Auxerre leurs émotions et leurs deuils. Le 21 décembre 1870, le drapeau blanc est hissé au sommet de la cathédrale après un bombardement. Les bombardements allemands de 1940 entraînent la destruction d’une partie du quartier du Pont. En août 1944, la ville est libérée par les troupes du maréchal Leclerc. Deux monuments commémorent les morts et victimes de ces périodes néfastes (place de l’arquebuse et place Saint-Amatre). En août 1945, la 101e division aéroportée américaine (Screaming Eagles) y installe un camp (ainsi que dans les villes de Sens et de Joigny). Elle y restera jusqu'au 30 novembre de la même année, jour de sa démobilisation.

La commune de Vaux a fusionné avec Auxerre en 1972.

Aire de stationnement :
Stationnement agréable en bordure de l'Yonne (quai de la république).
Très agréable pour une halte casse-croûte le nez vers la rivière, pas de possibilité de vidanges).
Stationnement pour 15 CC.maxi (gratuit) pour une nuit possible.
http://www.ot-auxerre.fr/
Pour les pleins et vidanges le camping municipal accepte les camping-cars de passage.
Tel: 03.86.86.52
GPS: Latitude : 47.7982909 / Longitude : 3.5744043

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